Nous sommes l’espèce la plus étrange de la planète terre. Il y a des millions d’espèces mais nous sommes la seule qui pense et qui a conscience de la vie. Grâce à l’intelligence de notre espèce, nous pouvons penser au passé, même si le passé ne pourra plus jamais être vécu ; nous pensons  et nous craignons le futur, même si les évènements incertains sont encore pure imagination. Nous pouvons planifier, prévoir, reculer, réfléchir, définir, nous donner, aimer et avoir conscience de notre existence.

Cependant, le plus grand Enigma de l’univers est le mental humain. Il est tellement complexe que la science actuelle n’est encore qu’au début de ses découvertes.

Nous avons créé une société complexe grâce à notre capacité de penser. Être une espèce intelligente nous a apporté pleins de bénéfices, mais l’exercice inadéquat de la pensée nous amène aussi un tas des problèmes, tels que les guerres, la discrimination, les injustices sociales… Comme si les soucis extérieurs ne suffisaient pas, notre activité mentale nous amène aussi à créer des problèmes internes. Un de ces problèmes est la tachypsychie, c’est-à-dire une accélération du rythme de la pensée. Ce rythme accéléré de nos pensées peut devenir un syndrome, une maladie si nous ne prenons pas garde.

En effet, les pensées doivent avoir une vitesse productive adéquate afin d’instaurer une bonne santé émotionnelle. Si cette vitesse est augmentée, elle peut causer certains symptômes, tels que difficulté de concentration, trouble de la mémoire, irritabilité, insatisfaction existentielle, fatigue excessive, troubles du sommeil, difficulté de ressentir le plaisir dans les activités de la vie quotidienne, sentiment de vide existentiel…

Ce syndrome de la pensée accélérée provoque des symptômes même quand les pensées n’ont pas un contenu troublant. C’est une vraie épidémie mondiale. Ce syndrome est causé par un excès de stimulations produites par l’infobésité, autrement dit, par l’excès d’informations que nous sommes exposés actuellement par les médias, la science, l’éducation… Mais aussi par notre façon de voir la vie, de s’attacher à des choses parfois de moindre importance et de faire une montagne d’une taupinière.

L’excès de stimulation génère hyperexcitation de nos pensées et nos pensées hyper excitées troublent notre énergie émotionnelle. C’est de là qui peut venir les crises d’angoisses et un état de stress continu.

Nous avons laissé notre mental sous pilote automatique, nous passons d’une pensée à l’autre à une vitesse extrêmement importante, nous sommes tellement « connectés » à nos pensées que même pendant notre sommeil elles se manifestent ou nous réveillent. Notre mental n’est jamais en mode « off ». Notre humeur est de ce fait très instable et nous sommes beaucoup plus irritables et moins tolérants. Nous souffrons souvent précipitamment. Les problèmes imaginés n’arrivent pas comme prévus, mais nous sommes angoissés par le fait de les imaginer. Nous souffrons et faisons souffrir notre entourage.

Nous pouvons contrôler certaines parties de notre corps, mais nous ne pouvons pas contrôler notre cerveau. Nous ne pouvons que lui donner une orientation, l’inviter à ralentir, à voir au-delà des nuages, à prendre du recul…

Une autre caractéristique de ces pensées accélérées est la fatigue physique exagérée et inexplicable. L’excès de pensées mobilise l’énergie du cortex cérébral et cette énergie ne sera de ce fait pas utilisée par les autres organes du corps et les muscles. Ainsi, la sensation de fatigue est très importante. Certains vont chez le médecin ou chez le pharmacien chercher des vitamines. Après des examens médicaux qui s’avèrent dans les normes, la personne et les professionnels ne savent pas toujours d’où vient l’excès de fatigue. Peut-être ont-ils oublié de penser aux « pensées » ?

Les personnes qui ont le syndrome de la pensées accélérées se battent pour avoir du succès dans un domaine, mais quand l’objectif est atteint, elles perdent vite le plaisir. Elles aiment les défis, mais ne savent pas profiter de leur succès. Elles n’aiment pas la routine, sont toujours à la recherche de nouvelles stimulations afin d’avoir un peu de satisfaction. Cependant, elles n’arrivent pas à avoir une émotion de contemplation, car ce type d’émotion est continuellement renversée par une avalanche de pensées.

Somme toute, les principaux symptômes de ce syndrome de pensées accélérés sont : un excès de pensées, une fatigue importante, des changements humeurs et de la difficulté à profiter du moment présent. Deux de ces symptômes caractérisent déjà ce syndrome. Mais si vous avez remarqué que vous avez ces symptômes, ne vous tracassez pas. Seulement, prenez conscience que vous devez changer votre style de vie, votre façon de penser. Vous avez besoin d’apprendre à gérer vos pensées afin de pouvoir gérer vos émotions et ainsi profiter pleinement de la vie.

Ralentissez…

Sherlla Oliveira

Thérapeute et formatrice

www.objectif-plenitude.com