Pour aborder ce sujet fascinant je vais utiliser le concept de l’enfant gigogne ou l’enfant intérieur de Jean-Paul Fluteau. Il est l’auteur du livre « Au cœur de nos émotions, un enfant intérieur : L’enfant gigogne », dont je vous ai déjà proposé un petit résumé (voir dans ma page Facebook -> mes albums « Résumés des livres »)

En effet, nos émotions du moment présent peuvent être en relation avec des moments d’expériences passées, voire déterminées par ces expériences passées.

Notre organisation psychique est constituée non seulement de différentes parties, mais ces différentes parties correspondent à des états psycho-émotionnels relatifs à des périodes « historiques » différentes.

Pour illustrer son propos, Jean-Paul Fluteau évoque que notre appareil psychique est constitué de différentes strates psycho-émotionnelles relatives aux différentes périodes de notre histoire, de la même façon que la croûte terrestre est constituée de strates géologiques différentes. Chaque strate géologique contient des éléments sédimentaires contemporains d’une période historique de la planète. 2010_06_07 poupee russe

Nous ne voyons de la croûte terrestre que la dernière strate géologique visible. De même façon nous nous attendons à ce qu’une personne agisse conformément à la strate de son âge physique.

Nous constatons bien souvent qu’une personne d’un âge physique donné peut, dans certaines circonstances, réagir émotionnellement en relation avec une strate psycho-émotionnelle relative à son enfance. 

Donc, suivant les circonstances, telle ou telle « strate » de notre « géologie psycho-émotionnelle » peut prendre les commandes et nous conduire à agir des comportements et ressentir des émotions en rapport avec celle-ci.

Les expériences marquantes et vécues de façon traumatisante seraient à l’origine de la mise en place d’un « enfant gigogne », dans la mesure où c’est essentiellement au cours de l’enfance que se vivent les expériences qui ont le plus de probabilité de devenir marquantes ou traumatisantes. Les expériences dans la période de vie adulte ne sont que des répétitions des expériences vécues pendant l’enfance.
Lorsqu’une personne, enfant, vie une expérience qui réunit les facteurs suivants :

– une charge émotionnelle négative très forte associée à l’expérience ;

– des informations manquantes ou fausses ;

– l’absence de décharge émotionnelle ;

– absence de verbalisation et absence de réconfort, la charge émotionnelle est alors pétrifiée, enkystée au niveau de la mémoire de l’être psycho émotionnel, autrement dit l’enfant gigogne.
Il se fait qu’un moment donné dans notre vie, notre « enfant gigogne » se réveille et crie au secours. La dépression, les phobies, les boulimies, les traumatismes, les maladies et accidents, les problèmes relationnels… sont en fait des appels à l’aide de notre enfant intérieur que nous demande de les libérer, de les guérir de la souffrance.

L’enfant intérieur traumatisé dort pendant un certain temps. Cela permet à la personne de pouvoir continuer de grandir sans être parasitée à chaque instant par le souvenir de l’expérience douloureuse.

Le revers de la médaille de cette auto-protection, c’est que les émotions non évacuées et enkystées sont en quelques sorte comme un poison énergético-émotionnel qui diffuse ses substances toxiques très lentement à l’intérieur de l’individu, en mettant en péril son écologie globale physique et psychique.

Ainsi, la dépression est regardée comme une tentative d’auto-guérison spontanée en relation avec un « enfant gigogne » ayant vécu des expériences de façon traumatisante, la dépression devient une solution écologique et non un problème, voire une maladie, comme nous répète en permanence le discours officiel du monde médical qui relayent ce discours.

Si l’on croit être malade en faisant une dépression, des émotions réactionnelles à cette définition de la réalité vont venir se rajouter aux mémoires émotionnelles qui tendent de se libérer. Le fait de se vivre comme « malade », la peur de devenir fou, l’incapacité à comprendre ces envahissements émotionnels finissent par devenir plus invalidants que les remontées de mémoires émotionnelles elles-mêmes. Ces émotions sur les émotions conduisent par ailleurs la personne « dépressive » à fuir et refouler encore plus ses remontées de mémoires émotionnelles (fuite dans l’alcool, les dogues, les médicaments, les sorties, ….)

Les traitements anti-dépresseurs, lorsqu’ils sont proposés comme seul remède, sans aide à une prise de conscience du sens positif de la dépression, vont renforcer les effets de ces croyances limitantes.

Un mouvement naturel non conscient tente de libérer la personne de ses mémoires émotionnelles « toxiques », un autre mouvement, impulsé par le mental et l’idéologie culturelle dominante dont le moteur est la peur, s’oppose au premier en cherchant à tout prix à empêcher cette libération des mémoires émotionnelles, vécue comme dangereuse et effrayante. Ces deux forces antagonistes dont la personne est le théâtre, ne peuvent que l’épuiser et contribuer à son sentiment d’impuissance, d’abattement et de fatalité.

Lorsque la personne, avec l’aide de la métaphore des « enfants gigognes » commence à regarder la dépression comme une remontée massive de mémoire émotionnelles liées à une ou plusieurs expériences vécues de façon traumatisante, les émotions sur les émotions passées disparaissent alors. Les effets dévastateurs de ce conflit intérieur entre « libérer » et « enfermer » cessent. La personne porte alors un regard positif sur ce qu’elle vit. Elle peut mobiliser son énergie dans une direction positive et constructive, premièrement en identifiant « enfant gigogne » en souffrance en elle qui appelle au secours, deuxièmement en allant à sa rencontre et en l’accueillant pour le mettre en paix.

Sherlla Oliveira

www.objectif-plenitude.com

Accompagnement individuel et familial

Source : livre « Au cœur de nos émotions, un enfant intérieur : L’enfant gigogne » de Jean-Paul Fluteau