Méditation par le mouvement

Déstresser, tonifier, équilibrer, renforcer le système immunitaire… autant de qualificatifs pour définir la méditation par le mouvement qui utilise les enseignements du Qi gong, du Yoga, de la méditation de pleine conscience, du pranayama (exercices de respiration).

Prendre soin de soi est une donnée essentielle dans notre monde moderne. Nous devons donc préparer et renforcer notre organisme pour affronter le quotidien et en suivre le rythme souvent soutenu, dès le plus jeune âge, mais aussi tout au long de notre existence, notamment lorsque nous vieillissons, pour nous permettre de rester actifs physiquement et mentalement.

Ainsi, la méditation par le mouvement est une pratique afin de revenir au « ici et maintenant », en travaillant sur notre corps avec des mouvements tirés du yoga et du Qi gong, mais aussi sur notre conscience analytique, car la concentration exigée par ces mouvements nous invite à taire le bavardage de notre mental et nous ancrer dans le moment présent.

Mais qu’est-ce que c’est le Qi gong et le yoga?

« Qi » (prononcer « chi »), mot chinois, est le plus souvent traduit par « énergie interne ». Ce terme désigne également la circulation du souffle dans le corps.

« Gong » (prononcer « kung ») représente le temps consacré à un exercice (de gymnastique).

Le Qi gong est donc un travail sur l’énergie interne, basé sur la respiration, utilisant des postures et des mouvements lents pratiqués debout, assis ou couché. Il ne nécessite ni tenue, ni aptitude particulière.

Le Qi gong est très proche du yoga indien (l’union des énergies), qui en est d’ailleurs en partie à l’origine : posture statiques, enchaînement très cours exécutes en général lentement, mais aussi quelquefois rapidement. Les techniques de respiration pratiquées sont variées : respiration haute, respiration inversée…

Le Qi gong et le yoga travaillent aussi sur les organes et sur les méridiens énergétiques, appelés les Nadis en jargon ayurvédique. Ces méridiens ou nadis sont une sorte « d’auto-routes » énergétiques dans notre corps. Un « blocage » sur le trajet d’une de ses « auto-routes » a comme conséquence les douleurs, les maladies… Par les mouvements et la respiration, l’énergie y est amenée directement.

Le célèbre sage Patanjali, dans ses Yoga Sutra, a défini ainsi le yoga comme : « Le yoga est la maîtrise des modifications du mental » ou « le yoga est un effort vers la tranquillité ».

Une des significations en sanskrit du mot « yoga » est « union ». Certaines branches du yoga le considèrent comme l’union du « Moi Réel » avec le « Suprême » (Dieu, ou la Conscience Universelle).

Les huit membres de l’Ashtanga sont les suivants :

  • – Yamas (sont des suggestions morales qui nous indiquent comment vivre. Ex : Ahimsa – la non-violence et l’amour pour soi, pour les autres, pour notre environnement) ;
  • – Niyamas (sont les contraintes que l’on s’impose. Si les yamas représentent notre relation avec le monde, les niyamas représentent notre relation avec nous-mêmes. Les yamas et niyamas ensemble sont souvent comparés aux dix commandements. Ex : Saucha – La pureté et la propreté, à la fois externe et interne, y compris la pureté de pensées positives et d’actions immaculées) ;
  • – Asanas (Les postures corporelles, Patanjali propose la stabilité du corps physique pour éviter les modifications du mental).
  • – Pranayama (Le contrôle du souffle. Le pranayama peut également être considéré comme le fil qui relie le corps et le mental : si le cerveau est agité, nos respirations deviennent souvent plus courtes et agitées. Il est donc bénéfique de calmer notre souffle et de laisser ainsi respirer notre esprit.)
  • – Pratyahara ( L’abstraction des sens. Pendant la pratique des postures physiques, le pratyahara permet la concentration en focalisant le regard, et en ignorant les sons et les stimulations autour de nous.)
  • – Dharana ( La concentration ou fixation de la pensée sur un seul élément)
  • – Dhyana (est la méditation profonde)
  • – Samadhi ( L’union avec le divin, la liberté et la paix. Dans cette étape, le pratiquant atteint un état d’éveil).

 

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Ces huit membres ou branches du yoga Ashtanga sont tous importants et permettent, en les abordant un à un, d’effectuer une progression dans le cheminement du yoga. Nous commençons tout d’abord par examiner nos interactions avec la société (yamas), nous disciplinons ensuite notre esprit et notre corps (niyamas et asanas). Le pranayama nous aide à passer du physique au mental par la prolongation du souffle. Les pratyahara et dharana disciplinent le mental. Dhyana représente l’avant-dernière étape pour atteindre la compréhension, puis nous arrivons à l’union ultime avec le divin, ou samadhi

Et le Qi gong thérapeutique ?

Dao yin (gymnastique taoïste), Tu na (travail sur la respiration) et An qiao (automassages) sont autant de noms anciens qui désignent les activités internes regroupées sous le terme Qi gong, considéré comme l’une des cinq branches de la médecine chinoise :

  • Acupuncture
  • Massages
  • Pharmacopée
  • Diététique
  • Qi gong.

Si la plupart des médecines occidentales traitent la maladie une fois que celle-ci est survenue, la médecine chinoise, quant à elle, considère que le moyen le plus efficace consiste à soigner la maladie en amont, avant que les problèmes ne se manifestent. Dans cet objectif, l’orientation générale de toutes les méthodes employées sera la prévention des causes de maladie ou de déséquilibre afin d’anticiper l’apparition même des symptômes.

Ainsi, la méditation par le mouvement contribue à la réalisation de cet objectif, en permettant de pratiquer des techniques simples qui tonifient et font circuler le Qi ou le Prana à travers les articulations et les organes internes par des massages externes avec les mains ou à travers les organes par la respiration et les mouvements.

« Méditer, ce n’est pas se couper du monde, mais au contraire se rapprocher de lui pour le comprendre, l’aimer et le changer. C’est aussi un moyen, accessible à tous, de cultiver la sérénité et le goût du bonheur. » Christophe André.

Pourquoi ces efforts ? Pourquoi renoncer, finalement, à vivre deux vies au lieu d’une, à faire à chaque instant deux choses plutôt qu’une ? Parce qu’à vouloir vivre deux fois plus, on risque juste de vivre deux fois moins, car deux fois plus mal ; deux fois plus triste, deux fois plus énervé, deux fois plus creux, deux fois plus vain.

Ne pas agir seulement pour FAIRE, mais essayer aussi d’agir pour ETRE. La présence mentale à l’action accroît notre sentiment de vrais humains, notre sentiment de présence au monde. Et écarte de nous ces actions d’automate, dont nous ne savons même plus, quelques minutes plus tard, si nous les avons accomplies.

Si la méditation par le mouvement vous intéresse : www.objectif-plenitude/meditation-relaxation/

Sherlla Oliveira