Ne plus se juger… « Car juger, c’est ne pas comprendre. » André Malraux

On se trompe toujours, ou à peu près toujours, lorsqu’on veut se juger soi-même.

Je crois m’observer, mais en réalité je me juge…

Aucun regard sur soi n’est neutre. L’estime de soi est ainsi, par essence, un jugement : on s’observe et on se juge. C’est même un double jugement, ou un jugement sous pression : on se juge d’après ce qu’on pense, à tort ou à raison, du jugement des autres. Le fantôme du regard des autres nous pousse à nous juger, et nous met la pression.

Mais qu’est-ce que juger ? C’est relier un fait à une valeur. Et les valeurs des personnes ayant des problèmes d’estime de soi toxiques car trop élevées et trop rigides : leur désir de perfection sert à apaiser leur désir de protection.

Le problème ? LE CRITIQUE INTERIEUR

Ce que m’on nomme le « critique intérieur » en psychothérapie, ce sont ces jugements constamment négatifs et limitants, cette autocritique quasi constante.

Le critique intérieur fait passer pour de l’information ce qui n’est que de l’auto-intoxication. Il est sans arrêt en action. Il est comme un véritable ennemi intime en nous-même.

C’est ennemi, c’est nous bien sût. En tout cas, c’est nous qui lui donnons vie, qui l’écoutons, l’hébergeons, lui obéissons, et nous qui le croyons. Nous finissons par n’avoir plus aucun recul, et croire que ces pensées stéréotypées sont fondées et justes

D’où vient le critique intérieur ? Il provient le plus souvent d’un discours parental intériorisé.

Contrairement à ce qu’il cherche à faire croire, le critique intérieur ne nous aide en rien à progresser sur le plan de notre personne globale. Il n’est qu’un discours dissuasif et limitant, qui nous pousse à craindre, à redouter, à trembler, à ne jamais nous satisfaire. Il ne nous tire pas vers le haut. Il nous tire seulement vers plus de stress, plus d’inhibition, plus d’insatisfactions et plus de tensions. Et vers moins d’estime de soi.

Le critique intérieur obéit à une logique de perfectionnisme pathologique, et INEFFICACE. Il fragilise l’estime de soi globale. Chez les personnes à haut niveau critique, on retrouve ainsi dysphorie (humeur souvent morose et maussade, avec des bouffées d’angoisse ou d’irritabilité), vulnérabilité au stress (on est vite déstabilisé par des petits stresseurs quotidiens), fréquents sentiments d’impuissance (« pas possible, je n’y arriverai pas », etc.)

Est-ce que vous vous reconnaissez ?

Alors il est temps de changer cette mauvaise et destructrice habitude !

Comment pratiquer une autocritique utile ?

Ce qui aide à changer, c’est une information neutre et bienveillante. Condillac, discret philosophe de l’époque des Lumières, soucieux de lucidité en matière de lien entre pensées et émotions, proposait ainsi : « Eviter l’erreur, en évitant de porter des jugements. » Tâche difficile… allez vous me dire, mais au moins pouvons-nous manifester un peu plus de vigilance par rapport aux pensées dont nous sommes nous-même l’objet.

Face à toute activation de la tendance à l’autocritique, il faut aussi vite que possible, effectuer un travail de décontamination et de mise à plat. En effet, le « critique intérieur » se nourrit de la confusion de nos émotions, et profite toujours du petit désordre créé par nos inquiétudes.

Rappel : « Nous produisons nous-même une grande partie de nos souffrances »

Source : « Imparfaits, libres et heureux » de Christophe André

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