J’ai tout pour être heureuse/heureux mais…

Cette phrase j’ai déjà entendue quelques fois, et j’avoue que moi-même je l’ai prononcé il y a quelques années… Comment j’ai pu la déprogrammer de mon cerveau ? et comment j’aide certaines personnes à faire le même ? C’est ce que je vais essayer de répondre dans ce billet.

Lorsque la vie nous rempli de mésaventures, de problèmes de tout ordre, physiques, financier, relationnel, professionnel, il est plus « facile » de se plaindre, de rouspéter, de blâmer… mais quand les choses semblent être en ordre, mariage réussi, famille en bonne santé, finances en ordre… il est beaucoup plus difficile d’exprimer notre manque de plaisir, de joie de vivre, voire même notre tristesse. Et le pire est que si nous ne nous comprenons pas, nos proches encore moins ! Et lorsque nous essayons d’aborder un peu notre mal-être la réponse instantanée est prête : « Mais pourquoi tu te sens ainsi, tu as tout pour être heureuse/heureux … » . Et bung ! Nous nous sentons encore plus frustrée, encore plus mal car nous ne nous sentons pas compris et que notre état d’âme n’a même pas le droit d’exister. En effet, les autres ne voient que la partie visible de l’iceberg, or c’est la partie cachée qui est toujours la plus importante. Dur, dur, dur…

Pour sortir de ce schéma, il sera nécessaire de plonger au « cœur de soi », il va falloir plonger dans cette partie cachée de l’iceberg… Mais où est-ce qu’il se trouve ? En effet, ce manque de goût pour la vie, même lorsque tout va bien a bel et bien une explication, une raison d’être, souvent difficile de trouver tout seul, parfois même de l’accepter. Pourquoi ? Parce que notre mental a une fâcheuse tendance à agir comme une sourie dans un tambourin, et en faisant du surplace, il est presque impossible de découvrir d’autres choses.

Ce « cœur de soi » est notre inconscient, qui n’est pas très direct, les messages qu’il nous envoie sont à décoder, à comprendre, à accepter. Encore faut-il être connecté à soi pour recevoir ces messages. Et qui l’est vraiment ? Opsss… Être connecté à soi, c’est habiter son corps et non son mental, c’est écouter notre corps qui est notre meilleur ami. C’est aussi être attentif à nos émotions, besoins, mais aussi à nos convictions et valeurs, souvent transformées en pensées.

« De fait, notre vie, jour après jour, dépasse de beaucoup les limites de notre conscience et, sans que nous le sachions, la vie de l’inconscient accompagne notre existence. Plus la raison critique prédomine, plus la vie s’appauvrit ; mais plus nous sommes aptes à rendre conscient ce qui est inconscient et ce qui est mythe, plus est grande la quantité de vie que nous intégrons. La surestimation de la raison a ceci de commun avec un pouvoir d’état absolu : sous sa domination, l’individu dépérit. » Carl Yung

Je ne sais plus qui a dit cette phrase, mais elle est une réalité, il y a des pensées sans émotions, mais IL N’Y A PAS D’EMOTIONS SANS PENSEES. Que veut dire cela ? que votre mal-être est lié à vos pensées et que celles-ci sont les fruits de vos convictions, de vos valeurs et de vos besoins souvent non satisfaits. Pour changer ce mal-être il va falloir alors identifier quels sont ces freins : quelle conviction me hante l’esprit à mon insu ? (par exemple croire que si j’avais fait comme ceci ou comme cela les choses auraient pu être différentes, ou se croire moins que les autres, etc.) ; quel besoin à moi n’est pas satisfait ? ( j’ai besoin d’exprimer ma créativité ; j’ai besoin d’un travail qui me permet d’avoir plus de contact humain…). Nous avons un tas de besoins autres que seulement les besoins physiques (boire, manger, dormir…), nous avons besoin de contact, de collaboration, de respect, de création, d’expression, d’amour…

C’est après l’identification de l’obstacle à notre épanouissement que nous pourrons chercher des pistes pour les surmonter. Cependant, cette « déprogrammation » de notre cerveau n’est pas si aisée, car souvent une autre grande erreur de l’être humain est de s’identifier à ses convictions, à ses pensées et même à ses émotions. Il est primordial de se convaincre que nous avons des pensées, mais que nous ne sommes pas nos pensées, que nous avons des émotions, mais que nous ne sommes pas nos émotions… On prétend être heureux, mais nous sommes souvent accrochés au malheur et le malheur est souvent lié à ces obstacles cités ci-dessus (convictions, besoins, pensées,  émotions…).

Cet ainsi que je vous partage cette phrase de Carl Yung : « Peu importe votre attitude consciente, votre inconscient a mainmise absolue et peut faire ce que bon lui semble. »

Alors vous aurez compris, pour retrouver votre élan de vie, votre plaisir à profiter de siens, il va falloir plonger au « cœur de vous », identifier les obstacles à votre épanouissement et passer à l’action ! Oui travailler sur soi est le travail le plus difficile

Je vous souhaite un merveilleux voyage au cœur de vous-même.

Sherlla Oliveira

Thérapeute et formatrice