Enfants souffrants, parents démunis…

Les thérapeutes sont d’accord pour dire qu’un nombre de plus en plus important d’enfants traversent la porte de leurs cabinets accompagnés des responsables. Ils présentent des problèmes pour gérer les émotions, de manque de confiance en soi, de concentration, de démotivation, de trouble du sommeil, d’anxiété, de peur maladive, de dépression… en somme, les mêmes problèmes qui présentent les adultes !

Par contre, l’approche thérapeutique pour être efficace doit être adaptée à l’enfant (son âge, son vécu,…), mais aussi avoir la collaboration de la famille.

Entrer dans l’univers de « tous petits » demande tact, patience, persévérance, adaptation et avoir une « boîte d’outils », car une démarche capable d’aider certains ne fait rien à d’autres…

Lorsqu’un parent fait appel à un professionnel, c’est qu’il ne trouve pas tout seul une façon de gérer le problème. Lors de l’entretien avec le parent, il n’est pas inhabituel de trouver chez le parent les mêmes problèmes qu’il présente chez l’enfant. Le souci se pose quand le parent veut que le problème de son enfant soit réglé sans qu’il règle lui-même le sien ou qu’aucune piste de changement au niveau familial est envisageable. « Tant que je ferai ce que j’ai toujours fait, j’aurai ce que j’ai toujours eu ». Logique ?

Il est important de comprendre que le terrain émotionnel chez les enfants est un terrain fragile et poreux, il absorbe les émotions que l’entourage essaye de camoufler, de nier, mais aussi les émotions non maîtrisées. Comme une émotion contient beaucoup d’énergie, l’enfant absorbant cette charge énergétique, l’extériorise souvent de façon incompréhensible pour ceux qui l’entourent (crises de colère, peur maladive, tristesse, troubles de l’alimentation ou du sommeil…).

Il arrive également que cette charge émotionnelle a été absorbée pendant la grossesse (moments difficile vécus pendant la vie intra-utérine), pendant l’accouchement ou dans les premiers jours de vie de l’enfant. Dans ces cas, les « symptômes » qui l’enfant présente indique une tentative de guérison de l’enfant intérieur. Comprendre et accepter tout cela est la première étape vers la guérison.

Quelque soit l’origine de la blessure ou la cause de désarrois émotionnels vécus par les enfants et leurs familles, il est essentiel de trouver des alternatives afin de pallier ces désagréments qui peuvent vraiment compliquer une vie familiale déjà souvent compliquée au départ.

Les troubles émotionnels doivent être vus comme un clignotant rouge sur un tableau de bord de la voiture, il demande qu’on s’arrête et qu’on règle le désordre faute de quoi il y aura PANNE !

Cependant, il ne faut pas vouloir juste supprimer les symptômes des troubles émotionnels ou comportementaux, il faut comprendre la ou les causes afin d’effectuer un traitement en profondeur. Imaginez que vous avez une plaie et que vous mettiez un pansement sans la nettoyer, tôt ou tard il y aura une infection, des complications n’est-ce pas ? Et bien, c’est la même chose pour les troubles émotionnels. Notre société du « tout » « tout de suite », veut vite se débarrasser de tout ce qui cause désagrément, et c’est légitime, mais une fois les symptômes apaisés il est nécessaire de continuer à nettoyer la « plaie » en profondeur afin de la guérir vraiment.

Travailler les émotions chez l’enfant demande une collaboration des responsables, et pour cela il est indispensable que les parents travaillent eux-mêmes sur leurs émotions afin que des petits changements s’installent au sein de la famille (apprendre à s’écouter pour écouter, apprendre à communiquer, apprendre à être…). Il s’agit d’un travail d’équipe (enfant-parent-thérapeute). Le thérapeute guide mais il ne peut imposer ni régler le problème seul.

Sherlla Oliveira

Thérapeute et formatrice

www.objectif-plenitude.com